Début février, les Députés ont rejeté la loi interdisant le chalutage profond, extrêmement destructeur. Soit. Mais ils l'ont fait sur la base de chiffres totalement faux sur l’état de santé des stocks de poissons, fournis le secrétaire d'état de la Mer et de la Pêche, Alain Vidalies : ce n'est pas 70% des espèces qui sont "à l'équilibre" mais 18%... Espérons que les Sénateurs qui étudieront cette loi fin mars soient mieux renseignés et s'inquiètent d'une telle désinformation !


2016 03 16 desinformation peche Au cours du débat sur la proposition de loi « économie bleue » à l’Assemblée nationale (2 et 3 février 2016), Alain Vidalies, secrétaire d’État chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche, et d'autres parlementaires ont avancé des chiffres totalement faux sur l’état de santé des stocks de poissons.
« Nous sommes aujourd’hui avec 70% des espèces qui sont au rendement maximum durable » (Alain Vidalies) et « on est à l’équilibre dans 75% des espèces » (Philippe Le Ray - Les Républicains).

La réalité est bien plus inquiétante : seulement 18% des stocks de poissons européens sont pêchés à une intensité qui pourrait permettre d’atteindre l’objectif de « rendement maximum durable » à terme. Et impossible d'évaluer combien de stocks sont déjà pêchés de façon durable avec certitude : les informations permettant de faire ces calculs ne sont pas publiés par le CIEM.

Mais ce sont sur ces fausses informations que des mesures importantes pour restaurer les populations de poissons dans les eaux européennes et interdire la méthode de pêche la plus destructrice de toutes, le chalutage profond, ont été rejetées.

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L’indicateur « FRMD » correspond à l’effort de pêche optimal qui permet d’obtenir, à terme, le maximum de captures de poissons années après années (le fameux « rendement maximum durable »). Avoir un « effort de pêche durable » ne signifie donc certainement pas que la pêcherie est déjà durable.

La proposition de loi « économie bleue » est discutée au Sénat les 10, 23 et 24 mars 2016 : espérons que les sénateurs s’inquièteront de la qualité des informations qui leur sont communiquées.


Source : Bloom

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Qu’est-ce que l’écologie scientifique ?

Comme toute science, l’écologie scientifique a le monde qu’elle prétend étudier qui lui colle à la peau. Cela n’invalide pas la scientificité de l’écologie mais, au contraire, confirme que l’écologie scientifique n’est pas différente des autres activités scientifiques. L'écologue doit assumer le fait que les interactions du monde vivant qu’il étudie sont elles-mêmes en interaction avec d’autres sphères, qu’elles soient éthique, politique ou citoyenne.

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