Que se passera-t-il pour les îles françaises, leur faune, leur flore et leurs populations en 2100 quand le niveau de la mer aura augmenté ?
Une équipe de chercheurs du laboratoire "Ecologie, systématique et évolution" de l'Université Paris-Sud a répondu à cette question après avoir étudié le cas de 1269 des 2050 îles françaises de plus d'un hectare, susceptibles d'abriter des communautés animales et végétales à travers le monde.


Les chercheurs ont tenu compte des profils de relief des 1269 îles étudiées et des modèles d'élévation du niveau de la mer (la mer n'étant pas plate, certaines régions de l'océan s'élèveront plus que d'autres) pour une hausse de 1 à 3 mètres du niveau de la mer, ce qui correspond aux effets admis par les scénarios les plus récents (certains scénarios plus alarmants prévoient 6 mètres si les glaces du Groenland fondent plus sévèrement...).

Résultats

Entre 63 et 152 de ces 1269 îles françaises (5% à 12%) risquent d'être totalement submergées, dont 2/3 des îles de Polynésie française et Nouvelle Calédonie. Toutes les autres îles seront le théâtre de conséquences dramatiques pour les populations, la flore et la faune établies sur la bande littorale.

La France possédant des îles dans tous les océans, ces chiffres peuvent être extrapolés à l'ensemble des 180 000 îles du monde entier et mènent à estimer que 10 000 à 20 000 îles disparaîtront de la planète au cours de ce siècle.

La hausse du niveau de la mer entraînera également une perte notable de biodiversité, notamment en Méditerranée, dans les Philippines et la Nouvelle Calédonie. En effet, les îles abritent 20% de la biodiversité mondiale, avec une très grande proportion d'espèces endémiques.

Aux Philippines, en Indonésie et dans les Caraïbes - zones les plus vulnérables - au moins 300 espèces endémiques, en majorité des plantes, y seront submergées, disparues à 100%.

Un chiffre bien plus réaliste devrait également tenir compte de la fragilisation des espèces perdant 70, 80 voire 90% de leur territoire... et ajouter à l'élévation du niveau des mers, les facteurs agressant que sont l'érosion latérale, les marées exceptionnelles et les événements catastrophiques comme les cyclones.

Sources :

Qu’est-ce que l’écologie scientifique ?

Comme toute science, l’écologie scientifique a le monde qu’elle prétend étudier qui lui colle à la peau. Cela n’invalide pas la scientificité de l’écologie mais, au contraire, confirme que l’écologie scientifique n’est pas différente des autres activités scientifiques. L'écologue doit assumer le fait que les interactions du monde vivant qu’il étudie sont elles-mêmes en interaction avec d’autres sphères, qu’elles soient éthique, politique ou citoyenne.

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