La France s’oppose actuellement - seule - à l’interdiction au niveau européen du chalutage profond et à l’adoption d’autres mesures pour la protection des océans profonds.
Dans ces discussions visant à mettre en conformité le droit communautaire avec les mesures adoptées au niveau international pour la pêche profonde, cette "bataille" isolée et incompréhensible serait-elle livrée pour soutenir quelques intérêts financiers isolés ?


Alors que la Commission européenne a proposé l’interdiction du chalutage profond et des filets maillants de fond - méthodes de pêche les plus destructrices des grandes profondeurs océaniques déjà partiellement interdits en Europe et dans d’autres parties du monde - et que la Commission Environnement du Parlement européen s'est prononcée à 58 voix sur 59 pour l'arrêt de ces méthodes de pêche le 20 mars 2013, l'opposition - isolée - de la France rend perplexe tant elle va à l'encontre des promesses d’exemplarité environnementale prises à Rio+20 au nom de la France devant la communauté internationale par François Hollande.

Or ce soutien de la France au chalutage profond semble soutenir essentiellement soutenir quelques intérêts financiers isolés.

En effet, selon les chiffres rassemblés par Bloom 98,5% des captures d’espèces profondes sont réalisées par seulement 9 navires (soit 0,1% de la flotte française et moins de 0,5% des marins) qui réalisent également 40 à 75% de pêches complémentaires.

Mais le plus étonnant, est sans doute que 7 de ces 9 navires appartiennent à la seule flotte Intermarché, Scapêche (85% du total des captures d’espèces profondes)... qui est déficitaire et malhonnête : non publication de ses comptes, subventions publiques pour stopper la pêche profonde et construire de nouveaux navires pour cette même pêche, greenwashing... (détail des procédés et condamnations de Scapêche/Intermarché)

Pour pousser les représentants français à sortir de ce qui ressemble fort à du lobbying pour agir dans l'intérêt de tous, les initiatives se multiplient :


Rappelons qu'en 2004, la mobilisation des scientifiques pour interdire le chalutage profond en haute mer avait conduit l'ONU à adopter une série de résolutions encadrant très strictement la pêche profonde en dehors des zones de juridiction nationale et que l’Europe avait joué un rôle moteur dans leur adoption.

Il est temps de pousser la France à en faire de même dans les eaux territoriales européennes !

 

Qu’est-ce que l’écologie scientifique ?

Comme toute science, l’écologie scientifique a le monde qu’elle prétend étudier qui lui colle à la peau. Cela n’invalide pas la scientificité de l’écologie mais, au contraire, confirme que l’écologie scientifique n’est pas différente des autres activités scientifiques. L'écologue doit assumer le fait que les interactions du monde vivant qu’il étudie sont elles-mêmes en interaction avec d’autres sphères, qu’elles soient éthique, politique ou citoyenne.

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