L'épandage aérien est déjà théoriquement interdit en France - suite à une directive européenne - depuis 2009, mais des dérogations restaient possibles.

Et les dérogations accordées continuaient de faire débat... et de provoquer des incidents à l'abord des champs ainsi traités.

Il fallait trancher. C'est fait !


Le 6 mai 2014, le Conseil d'Etat, saisi par des associations environnementales guadeloupéennes, a suspendu toutes les dérogations sur le sol français.

Mais cela n'a empêché ni l'incident dans une école en Gironde quelques jours plus tard (l'épandage d'un fongicide sur des vignes à proximité avait provoqué des malaises parmi des élèves et une enseignante) ni une note de la Direction générale de l'alimentation (DGAL) le 20 mai, spécifiant que toutes les dérogations accordées avant le 6 mai restaient valables.

Il fallait trancher. C'est fait ! Après promesse d'agir le 27 mai 2014 et une consultation du public qui a recueilli près de 18 000 contributions, l'arrêté interdisant purement et simplement l'épandage aérien de pesticides a été publié au Journal officiel le 19 septembre 2014.

Certaines cultures (productions de riz en Camargue et certains vignobles) pourront néanmoins déposer une ultime demande de dérogation (temporaire et surveillée) avant le 31 mars 2015.

En s'engageant à ne plus épandre de pesticides par avion, les producteurs de bananes martiniquais sont les premiers bananiers au monde à y renoncer !

Sources
Arrêté du 15 septembre 2014 relatif aux conditions d'épandage par voie aérienne des produits mentionnés à l'article - L. 253-8 du code rural et de la pêche maritime

Ordonnance du Conseil d'Etat du 6 mai 2014

Consultation - Projet d’arrêté relatif au relatif aux conditions d’épandage par voie aérienne des produits mentionnés à l’article L. 253-8 du code rural et de la pêche maritime

Qu’est-ce que l’écologie scientifique ?

Comme toute science, l’écologie scientifique a le monde qu’elle prétend étudier qui lui colle à la peau. Cela n’invalide pas la scientificité de l’écologie mais, au contraire, confirme que l’écologie scientifique n’est pas différente des autres activités scientifiques. L'écologue doit assumer le fait que les interactions du monde vivant qu’il étudie sont elles-mêmes en interaction avec d’autres sphères, qu’elles soient éthique, politique ou citoyenne.

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