2011 01 snow cannon 999290 pixabayPassée de technologie de secours à une utilisation systématique, les canons à neige se multiplient : chaque saison, près de 20 millions de mètres cube d'eau sont prélevés pour immaculer de neige de culture 5 300 hectares de pistes de ski en France  (soit ~20% de la surface des pistes, évaluée à environ 25 000 ha pour l'ensemble des 330 stations françaises).
Une évolution qui pose la question du constat réel des impacts sur l'environnement et sur les stations de montagne qui se doivent d'allier accueil, viabilité économique et respect du cadre naturel.



La production de neige est née dans les années 60 aux Etats-Unis et s'est déployée en Europe une dizaine d'années plus tard (Flaine a été la première grande station européenne à s'équiper en 1973).

En 79/80, on comptait 10 stations et 19 hectares enneigés ;
en 85/86 : 35 stations et 150 ha ;
en 94/95 : 136 stations et plus de 1 600 ha.

Et les années sans neige 89/90 ont convaincu les gestionnaires de stations que la fabrication de neige était nécessaire pour garantir l'ouverture de la station en début de saison.

On compte de 5 à plusieurs centaines d'enneigeurs* par station, selon leur altitude et leur taille, avec une moyenne de 3 enneigeurs par hectare.
Leur nombre total en France est de 15 000 enneigeurs haute pression (sur perche) et 1 100 enneigeurs basse pression (ventilateur).
L'enneigement se fait généralement sur 70 cm, ce qui correspond, après dammage, à 5 mètres de neige naturelle étant donnée la différence de densité.

Sachant qu'il faut 1 m3 d'eau pour produire 2 m3 de neige de culture, la consommation saisonnière a été de 19 millions de m3 d'eau en 2009.

C'est en fait peu par rapport aux consommations agricoles ou industrielles...
Mais cette consommation est estimée : les mesures réelles de prélèvement en milieu naturel et en volume d'eau potable ne sont pas systématiques.

Et le captage est concentré sur les mois de décembre à mars.
Or les cours d'eau de montagne sont précisément à leurs niveaux les plus bas ces mois là, ce qui implique par ailleurs de créer des barrages d'altitude, avec un impact sur la biodiversité.

Pour produire de la neige, il faut aussi de l'air comprimé, en quantité d'autant plus importante que la température augmente (et incidemment donc de l'énergie, en plus de l'énergie nécessaire pour le pompage de l'eau) ainsi que des additifs cryogènes.

Cette Note - perturbante dans le constat qu'elle fait de l'absence de mesures fiables et de prise en compte des impacts environnementaux - donne plusieurs recommandations.
La première d'entre elle est de mettre en place des mesures réelles des impacts sur l'eau, sur l'environnement montagnard et sur la consommation d'énergie liée à la production de neige de culture afin de les mettre en regard de l'impact socio-économique au niveau des stations de ski.
 
* enneigeur est le terme - récent - destiné à remplacer les historiques "canon à neige" et "neige artificielle".

 
Source
Note socio-économique du Conseil Général de l'Environnement et du Développement Durable Neige de culture : état des lieux et impacts environnementaux - juin 2009

Qu’est-ce que l’écologie scientifique ?

Comme toute science, l’écologie scientifique a le monde qu’elle prétend étudier qui lui colle à la peau. Cela n’invalide pas la scientificité de l’écologie mais, au contraire, confirme que l’écologie scientifique n’est pas différente des autres activités scientifiques. L'écologue doit assumer le fait que les interactions du monde vivant qu’il étudie sont elles-mêmes en interaction avec d’autres sphères, qu’elles soient éthique, politique ou citoyenne.

logo sciences critiques à lire sur sciences-critiques.fr