Pris à parti par des associations et des députés européens lors de la Conférence environnementale 2013, le Ministre délégué à la pêche Frédéric Cuvillier n'a pas dit pourquoi la France bloque actuellement l’avancée du dossier « pêche profonde » au Conseil des ministres de l’Union Européenne.
Une attitude qui laisse perplexe tant ce manque de sincérité et de courage ne profite qu'à une seule flotte de pêche éco-destructrice et déficitaire malgré de larges subventions publiques....


Lors de la Table ronde « Biodiversité marine » de la Conférence environnementale 2013, Denis Ody (directeur du programme marin du WWF) et Claire Nouvian (association Bloom pour la sauvegarde des océans) ont rappelé au Ministre délégué à la pêche que les pêches profondes sont coûteuses écologiquement (100 espèces sacrifiées pour 3 espèces commercialisées et destruction des habitats marins les plus anciens et les plus vulnérables des océans) et économiquement (elles ne sont pas rentables, malgré de larges subventions).

Réponse du Ministre délégué à la pêche ?

Aucune. Monsieur Cuvillier a botté en touche en parlant vaguement de besoin de « sanctuariser » des zones et d’avoir plus « d’expertise ».

N'a-t-il pas entendu les chercheurs réunis à Paris le 16 septembre pour plaider l’interdiction du chalutage profond ? Ils ont pourtant insisté sur le fait que les données scientifiques ne seraient jamais réunies pour les océans profonds.

N'entend-il pas Pascal Durand, secrétaire national d’EELV, lui redire que les politiques doivent cesser « le chantage à l’emploi » et avoir le courage d’arbitrer pour que l'argent public investi dans des activités destructrices soient désormais consacrées aux activités durables ?

L’attitude du Ministre face à ses interlocuteurs et son blocage sur ce dossier font douter des orientations concrètes de la France en matière environnementale. Certes, les discours sont là, mais les actes ?

"Le discrédit des politiques ne fait qu’augmenter, on pensait avoir touché le fond pourtant", commente Claire Nouvian.

Il est vrai que soutenir à coups de subventions publiques un secteur déficitaire et malhonnête qui saccage les océans au profit majoritaire d'une seule compagnie (flotte Intermarché/Scapêche) employant moins de 0,5% des marins français a un sale arrière goût !

Pour faire entendre la voix des citoyens, l'association Bloom propose une Pétition citoyenne en ligne à François Hollande.

A lire aussi : Pêche profonde : à quoi joue la France ?

 

Qu’est-ce que l’écologie scientifique ?

Comme toute science, l’écologie scientifique a le monde qu’elle prétend étudier qui lui colle à la peau. Cela n’invalide pas la scientificité de l’écologie mais, au contraire, confirme que l’écologie scientifique n’est pas différente des autres activités scientifiques. L'écologue doit assumer le fait que les interactions du monde vivant qu’il étudie sont elles-mêmes en interaction avec d’autres sphères, qu’elles soient éthique, politique ou citoyenne.

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