Moins célèbre que le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4) n'en est pas moins un gaz à effet de serre très dévastateur : malgré une durée de vie assez courte (entre 7 et 11 ans), il a un impact très important sur le réchauffement climatique.
Et sa présence a déjà plus que doublé depuis 1750, date de référence pré-industrielle.

 

Le méthane

Le méthane est composé d'un atome de carbone et de 4 atomes d'hydrogène.
C'est l'hydrocarbure le plus simple, le premier terme de la famille des alcanes.
Il est gazeux à température et pression ambiantes (~20°C, 1 atm).

Sa combustion dans le dioxygène pur produit du dioxyde de carbone CO2 et de l'eau H2O avec une libération d'énergie (d'où son utilisation comme carburant) :
CH4 + 2 O2 → CO2 + 2 H2O + 891 kJ mol−1.

Origine et localisation terrestre

Des micro-organismes (les archées dites méthanogènes) produisent de façon anaérobie, c'est-à-dire en absence d'oxygène, pratiquement tout le méthane gardé dans les terrains sédimentaires, sous forme de gaz naturel.
Du méthane est également produit sous forme d'hydrates de méthane dans les dorsales océaniques d'où il s'échappe puis est oxydé dans l'atmosphère.

Mais du méthane est également produit, en surface par les activités humaines dès lors que de la matière organique fermente en absence d'oxygène (décharges publiques, estuaires pollués, rizières,... ainsi que dans les estomacs des ruminants). 

Un tiers (34%) du méthane terrestre est ainsi produit par des micro-organismes qui convertissent la matière organique en CH4 en absence d'oxygène. Un deuxième tiers (34%) provient des zones inondées (marécages et lacs) et des pergélisols (permafrost en anglais). Les deux autres sources de méthane sont pour 27% liés à l’exploitation et l’utilisation des combustibles fossiles et pour 5% aux feux de forêts et à l’utilisation de biocarburants.

2019 03 03 methane cycle FR
Répartis en flux d'origines humaine ou naturelle, il apparaît clairement que la proportion de méthane d'origine humaine alourdit gravement les flux vers l'atmosphère et que les puits ne suffisent de ce fait plus à absorber tout le méthane atmosphérique : chaque année, 10 millions de tonnes sont désormais excédentaires, s'accumulant ainsi dans l'atmosphère.

Proportion dans l'atmosphère terrestre

Le méthane est naturellement présent dans l'atmosphère terrestre. Mais les apports anthropiques (dus aux activités humaines) ont plus que doublé sa concentration depuis la révolution industrielle.
Elle atteignait 1 748 ppb (ppb = parties par milliard) en 1998.
Après une période de stabilisation à ~1 774 ppm, de 1999 à 2006, sa concentration a augmenté rapidement à partir de 2007.
En 2016, elle atteignait 1 853 ppb (+ 257 % par rapport au niveau préindustriel)
En 2018, son niveau était de 1 860 ppb.

Présent en quantité moindre que le CO2 dans l'atmosphère, le méthane a néanmoins un effet dévastateur 20 à 28 plus important sur une durée de cent ans (ce paramètre est appelé Global Warming Potential GWP-100).
La durée de vie du méthane atmosphérique est de 7 à 11 ans. A lui seul, il est responsable de 20% du réchauffement climatique global du aux différents gaz à effet de serre.

Son pouvoir de nuisance est augmenté par deux faits : il contribue à produire, par réactions chimiques, de l'ozone dans la troposphère et de la vapeur d'eau dans la stratosphère ce qui augmente le réchauffement global. Ainsi, sur un horizon de 100 ans, relâcher une certaine quantité de méthane dans l'atmosphère a un effet sur le réchauffement climatique environ 9 fois plus important que de brûler cette même quantité de méthane en dioxyde de carbone (CO2).

Evolution de la concentration atmosphérique en CH4 et objectifs climats

2019 03 03 methane observations projections FR

Ainsi que le montre ce graphique, les quantités de méthane effectivement présentes dans l'atmosphère (courbe noire "observations") s'inscrivent entre le scénario "+2,0 à +3,7°C" et le scénario "+3,2 à +5,4°C" concernant le réchauffement climatique !

Vous cherchez une info précise ?

Les derniers livres chroniqués

  • À la découverte des plantes sauvages utiles

    À la découverte des plantes sauvages utiles

    Connaître les plantes sauvages de nos régions peut se révéler très utile : nombre d'entre elles sont aromatiques, médicinales, tinctoriales, dépolluantes, insecticides... ou toxiques ! Ce livre, richement illustré de photos, permet de mieux comprendre les différentes espèces de plantes sauvages de nos régions et d'en reconnaître plus d'une centaine. Il comporte pour chacune une présentation concise et claire (et un "pour éviter les confusions" bien utile pour certaines !) ainsi que ses principales propriétés et usages possibles (alimentaires, pharmaceutiques, cosmétiques, écologiques,...).
  • Ces animaux qui font l’Histoire, 50 aventures d'animaux célèbres

    Ces animaux qui font l’Histoire, 50 aventures d'animaux célèbres

    Un cheval qui sait compter, des lions qui freinent l’avancée de la colonisation, un couple d’éléphants qui devient le symbole de l’amour idéal, un poulpe dont la mort fait la Une des journaux du monde entier... autant d’histoires vraies d’animaux célèbres qui ont marqué leur époque... Ces 50 histoires d’animaux célèbres - présentées par ordre chrologique - nous racontent aussi pourquoi chaque être vivant est particulier. Il n’y aura jamais qu’un seul Tilikum, Ourasi ou Knut. Chacun d’eux est unique et, à sa manière, a écrit ou écrit encore l’histoire, notre histoire.

Les dernières vidéos

  • Réchauffement climatique : l'alerte d'Haroun Tazieff en 1979

    Réchauffement climatique : l'alerte d'Haroun Tazieff en 1979

    Réchauffement climatique : l'alerte d'Haroun Tazieff sur les risques du réchauffement climatique, en 1979 dans "les dossiers de l'écran" (archive INA).
  • Diesel, le scandale de la santé publique

    Diesel, le scandale de la santé publique

    Pourquoi le diesel reste plus toxique que l’essence ? Le diesel est-il vraiment moins émetteur de gaz à effet de serre ?Interview du docteur Thomas Bourdrel (membre du collectif “Strasbourg Respire”) par Elisabeth Martichoux. "Diesel, le scandale de la santé publique" (émission "état de santé" de La Chaîne Parlementaire - LCP - du 25 novembre 2017)retranscription disponible ici
« Prix Nobel » Climat : William Nordhaus est-il bien sérieux ?

William Nordhaus - l’un des deux lauréats 2018 du prix de la Banque de Suède en économie en association avec Paul Romer, théoricien de la croissance endogène - est récompensé principalement pour avoir conçu des modèles économiques qui intègrent le changement climatique, comme le modèle DICE (Dynamic Integrated Climate-Economy - modèle dynamique intégré de l’économie et du climat) et sa version régionalisée RICE. Mais sa "solution optimale" conduit à un réchauffement de 3,5°C en 2100 ! Quand on est économiste, on peut donc proposer sans rire un réchauffement de 3,5°C et être récompensé pour des travaux qui affirment qu'il s'agit là d'une situation optimale...

logo alternatives economiques à lire sur www.alternatives-economiques.fr